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Edito
Des mots | MM#1
Par Gaëlle Le Scouarnec

Il était une fois…

Et puis l’art s’alluma. D’une lueur timide à finalement foncer dans des études passionnantes, inutiles. La littérature toujours, le théâtre vite, la danse un peu, le cinéma beaucoup. Je me trouvais perplexe devant les mags de mode… Me demandant comment mes pas, mes doigts, m’amenaient là, malgré moi, à humecter des rêves de chiffons couchés, glacés sur du papier.

Et un jour il y a eu, j’ai rencontré cette voisine… une voisine de palier.

Diénaba était-elle jolie ? Pourquoi pas. Dans tous les cas pour moi ses sorties matinales étaient un défilé. Un jour reggae sister vêtue de caramel, un jour secrétaire stricte, jupe crayon taillé et puis du noir partout, un jour baroudeuse Lara Croft scratchée d’kaki. Tout y était chaque fois, des cheveux aux chaussures déclinant le sans faute sous ses moindres coutures.

J’ai trépigné, applaudi, glapi, puis l’ai civilement abordée. La philosophe du look a simplement émis :

« Chaque jour, quand je m’habille, je raconte une histoire. »

L’histoire… Je retrouvais Molière, je retrouvais Diderot*… Mode et littérature, je n’aurais pas osé. Enfin, pas en ce temps. Pourtant le lien était gros, rouge, haletant, m’appelant. Ok. Donc finalement c’est tout pareil ? On raconte une histoire ?

Tandis qu’animale, Léa cajole la Bêêête, les conteurs, les djélis, les petites filles qui jouent « on disait que j’étais », le verni de fairy tails soigneusement gratté par l’ongle Dina Goldstein, les femmes écrites des Berbères aux Femens, l’annonce faite à Marie comme les guillemets divins à ce géant récit :

« Jésus est arrivé ».

Et comme l’on dit chez nous « On est là !», nous démarrons, ouvrons, le chapitre Marquise et son numéro 1.

C’est donc tout pareil, et voilà :
« Il était une fois… »

* À vous je puis le dire…

Jamais j’n’ai lu Diderot.

Le nom sonnait si bien…

Et il y a tant à lire.

 

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