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Portfolio
De l'art | MM#1
| Photographie Dina Goldstein

Fallen Princesses

Photographe conceptuelle canadienne, j’ai une formation en photographie journalistique. Selon moi, la photographie n’est pas faite pour reproduire de façon standard les canons de la beauté mais bien pour exprimer et provoquer des sentiments de honte, de colère, pour choquer et créer l’empathie du spectateur, donner une perception de la condition humaine.

J’ai toujours pensé que mon expérience en tant que photographe reporter complétait mon travail de photos conceptuelles, l’une et l’autre se « conseillent » aussi bien techniquement qu’artistiquement parlant. Dès le début, j’ai compris que la spontanéité et l’absence de contrôle sont source d’inspiration. Cela m’a permis de croire en mon instinct pour nourrir chaque idée, même la plus anodine.

Ma série « Fallen Princesses » est née de douleurs personnelles et profondes alors que j’enrageais contre le « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…» servi depuis la plus tendre enfance.

Cette série prend le contre-pied des mythes des contes de fées, forçant le spectateur à contempler la vraie vie :

les rêves brisés, la pollution et le saccage des océans, la guerre, l’obésité liée à la surconsommation, la disparition des cultures indigènes, le cancer et ce leurre qu’est la course à la jeunesse éternelle. En intégrant les textures et les couleurs de Walt Disney, un empire de plusieurs milliards de dollars qui s’est bâti en exploitant les contes de fées, « Fallen Princesses » dénonce un consumérisme bafouant la morale de ces anciennes fables. Ma série interroge aussi la notion d’ « être heureux » et de « vie heureuse ».

Jordan, ma fille, avait trois ans à l’époque, elle entrait à peine dans sa phase princesse. Les princesses étaient partout, elle me les a même présentées ! -Moi j’ai grandi en Israël dans les années 1970 et je n’étais pas du tout confrontée à Disney-. A peu près au même moment, ma mère a eu un cancer du sein. Ces deux événements se sont opposés et m’ont fait me demander à quoi ressemblerait une princesse « fauchée » qui aurait à combattre la maladie ou la vieillesse ?

J’ai commencé par imaginer ce qui pourrait arriver à une princesse plus tard, après le « Et ils vécurent heureux… ».

Naturellement, elle aurait à composer avec les défis auxquels toutes les femmes modernes doivent faire face.
J’ai commencé timidement à croquer Raiponce traversant une chimio en perdant ses précieux cheveux. Vinrent ensuite les idées pour toutes les autres images. Avec un budget très limité et beaucoup d’aide, j’ai shooté la série en plus de deux ans.

Je viens de célébrer mes 20 ans de carrière à travers la rétrospective « XX », 20 années en 20 photos.
Je suis installée à Vancouver au Canada où je vis avec mon mari, réalisateur, et mes deux amours de petites filles.

http://dinagoldstein.com

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