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Matt Henry expose à la Galerie Polka. I’m All Shook up !

27 septembre 2016

Gaëlle Le Scouarnec

L’Amérique s’invite à la galerie Polka avec The Trip (2015) et The King (2009), deux séries réalisées par le jeune et cool photographe anglais Matt Henry.
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Aujourd’hui trentenaire, l’artiste eut une adolescence plombée par l’ennui dans sa province anglaise ; il tuait le temps et la vacuité d’une existence morne à grand renfort de films en VHS et de séries télévisées, avalant les images de cette junk food qu’est la culture américaine dans sa version la plus pop, cheap, fossilisée dans les couleurs criardes et les mythes de propagande de ses années 60 et 70. Une Amérique datée, momifiée.
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The Trip est un conte photographique, conçu comme un film, une expérience psychédélique. Dans l’antichambre de l’enfer, comme un purgatoire, les néons d’un motel/diner scintillent dans le désert californien. 7 personnages d’une autre époque, aux gueules et aux looks calibrés, se retrouvent fortuitement pour partager une aventure aux frontières de l’inconscience, de l’onirique, d’une bonne défonce. Un entrelac de perruques, de bourbon, drogue et grosse bagnole… Une intrigue peut-être secondaire devant le sentiment que ces êtres errent dans leur propre corps, perdus entre la réalité et la fiction, copiant les dégaines de leurs idoles. Existent-ils vraiment derrière leur costume, leur masque ?

La courte série The King révèle l’omniprésence visuelle d’Elvis Presley. Saint des saints, mythe royal dont la survivance s’imprime sur des objets dérisoires, éphémères et quotidiens. La subsistance d’une image, celle d’un homme idéal, viril et bien élevé, nourri au bon maïs américain. C’est encore la trace d’une nostalgie déchirante et tenace, une ancre désespérée dans ce nouveau monde ou les points de repère se délitent.
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Matt Henry à la galerie Polka, 12 rue Saint-Gilles, 75003 Paris
Jusqu’au 29 octobre 2016
http://www.polkagalerie.com/fr/exposition-the-trip-matt-henry.htm

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Fashion Forward

8 juin 2016

Par Gaëlle Le Scouarnec

Le Musée des Arts Décoratifs de Paris fête les 30 ans de sa collection avec Fashion Forward, une exposition retraçant trois siècles de mode par une impressionnante frise chronologique regroupant les plus belles pièces d’un vestiaire féminin, masculin et enfantin du XVIIIe siècle à nos jours. Grâce au surprenant mécénat du géant textile suédois H&M, le musée présente 300 pièces parmi les 150 000 de sa collection, enrichie d’archives de créateurs comme Elsa Schiaparelli, Madeleine Vionnet ou Cristobal Balenciaga. Fidèle à la mission des Arts Décoratifs, c’est une mise en lumière des beaux arts appliqués, s’entend la connexion de l’industrie à la culture, de la création à la production, du beau à l’utile.
Robe_de_cour_vers_1778      Habit de singe, 1730-1750

Le bal s’ouvre sur une emblématique robe de Cour située entre 1740 et 1745. L’étroitesse surnaturelle de la taille, coquetterie d’un autre temps, plante le décor le plus fantasmé de l’histoire du costume : Versailles où le décolleté des dames faisait mouche dans les luxueux salons. Les costumes habillent des mannequins sans visage dans une scénographie sobre. La mise en scène s’anime de tableaux de vie esquissés et agrémentés d’objets puisés dans d’autres collections du musée : des tentures, des pièces de mobiliers… Les décennies défilent, le vêtement témoignant de l’évolution spectaculaire des mœurs et de la libération de la femme. Elle quitte le carcan de la crinoline pour de simples jupons à la Belle Époque et une silhouette encore corsetée et très structurée. En 1907 Paul Poiret supprime le corset. Le style est empire avec une taille qui monte sous la poitrine, des lignes de robes simples et libres. L’après-guerre marque un tournant décisif. Les femmes sont sorties du foyer, elles travaillent, revendiquent des droits et leurs vêtements se modernisent radicalement. Les années 20 et 30 voient un apogée du chic avec des robes sublimes réalisées par les plus grands noms de l’histoire de la mode : Jeanne Lanvin, Madeleine Vionnet, Gabrielle Chanel, Chistian Dior.
Charles James, Robe du soir Cygne, Haute couture, automne-hiver 1955-1956      Cristobal Balenciaga, Ensemble du soir, Haute couture, automne-hiver 1961

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On quitte des couloirs aux lumières tamisées, une ambiance feutrée pour le faste éclatant de la grande nef. Une illustration de l’essor de la mode ? Le grand espace et les lumières pleins feux donnent un lustre particulier aux créations contemporaines. De 1939 à nos jours, c’est une rétrospective, un podium de pièces icônes comme le décolleté de Guy Laroche qui dévoilait la chute de reins de Mireille Darc dans le film Le Grand Blond avec une chaussure noire. Ce bouquet final emporte un ravissement devant les gloires passées, celles d’un futur ou d’un presque présent : les pièces des collections automne-hiver 2016-2017, signées par les enseignes les plus jeunes et branchées comme la griffe Vetement et sa longue robe-jogging rouge à capuche, trait d’union de l’ancien et du moderne, inspiration à mi-chemin entre austérité monacale et fantaisie avant-gardiste.

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Fashion Forward
, jusqu’au 14 août 2016 au Musée des Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris –
01 44 55 57 50 – Résa : http://billetterie.lesartsdecoratifs.fr/gammadn/adnnet/

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Garçonnière

26 mai 2016

Photographie Émile Kirsch - Propos recueillis par Gaëlle Le Scouarnec

Des hommes comme s’il en pleuvait, nus sur les galets.
Garçonnière est le rendez-vous des familles, pour se prélasser innocemment devant un reflet de jeunesse, de sensibilité, d’oeil langoureux et de peau douce. Le photographe Émile Kirsch propose son interprétation du mâle pas mal. Cette semaine c’est à son tour de répondre à nos questions…
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Qui es-tu Émile ?
Je suis un jeune fils de Paris, étudiant en création industrielle. Je travaille avec un designer, François Azambourg, et pratique la photographie comme un plasticien ou coloriste, pour des agences de mannequins, des reportages ou encore le Musée Nationale des Arts Asiatiques Guimet avec qui je collabore depuis janvier.

Pourquoi la photo ? Quel fut le « déclic » ?
La photographie est pour moi un prétexte à créer et capter le fruit d’une rencontre. C’est aux Pays-Bas, il y a moins de deux ans lorsque j’y vivais que j’ai eu l’envie de m’y essayer. J’habitais seul dans un très grand loft sans vis-à-vis, perché dans une ancienne usine réhabilitée. Le génie du lieu s’est présenté comme une évidence pour accueillir et commencer mon travail de portraits… Je suis autodidacte et j’ai dû palier mes lacunes techniques par l’utilisation de peintures, collages, filtres… Avec l’envie de pouvoir révéler de manière expressive ce qui échappe à l’appareil.

Qui est le garçon sur cette photo ?
Arden est l’un de ces nombreux modèles pour qui j’ai réalisé les premières photos avant qu’ils ne commencent une carrière hors des Pays-Bas. J’ai eu le plaisir de retravailler avec lui par la suite. J’ai un souvenir encore très précis de cette rencontre à Amsterdam, au studio 13, un bel espace riche en lumière. J’étais presque intimidé par sa beauté évidente mais assez particulière. Après 1h en studio nous avons fini par sortir près des canaux pour improviser…

Que représente une muse pour toi ? On dit « muse » quand il s’agit d’un garçon ? Photographies-tu exclusivement des hommes ?
Une muse est une aura avec qui je peux composer et créer, avec qui peut s’opèrer un véritable échange et une projection, même dans un bref moment. Je n’ai donc aucun critère préétabli autre que celui d’une bienveillance réciproque !

Quand tu es dans ton petit lit avant de t’endormir… quelles pensées te font faire de beaux rêves ?
Je tombe trop souvent de fatigue pour avoir le temps de penser avant de dormir…ce qui ne m’empêche pas de faire d’incroyables beaux rêves !
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Photographe : Émile Kirsch
Modèle : Arden Wezenberg

 

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